Comme une odeur de roussi...

Publié le par Robert Willard

"Si j'avais su, j'aurais pas venu !"

C'est à peu près ce qu'a déclaré Hermann Von Rompuy, notre Président du Conseil Européen, à propos... de son élection à cette présidence, justemment. Eh oui, cher lecteur : le type qui est censé piloter notre bazar  européen  ne voulait pas de ce job ! Pauvre bougre !

Herman Van Rompuy assure que Nicolas Sarkozy l'a poussé à accepter son poste.

 

 

Il était premier ministre de Belgique et très content de l'être, ainsi que ses compatriotes d'ailleurs. Et puis nos eurofonctionnaires, jamais en mal de créativité administrative, ont eu l'idée de fabriquer un président de l' Union Européenne permanent (il n'y avait jusqu'à présent qu'un président de parlement, un président de commission et un président tournant de "conseil de l'europe"). Un poste tellemment inutile, manifestement, et potentiellement préjudiciable à une belle carrière, que personne ne voulait l'occuper. Tous les présidentiables se sont entre-regardés avec angoisse, puis ils ont discuté, se sont tatés mutuellement avec l'espoir de trouver une bonne poire volontaire - mais maccache ! Trop vieux et trop fins, aucun de ces renards ne voulait du fauteuil - chausse-trappe. Finalement c'est bien évidemment le moins retors de la bande qui s'est gardé cette patate chaude : ce bon Hermann Von  Rompuy. Jusqu'au dernier moment, avoue-t-il (car nous n'inventons RIEN), il a tout fait pour détourner le "concensus" de sa personne. "J'en veux pas !", larmoyait-il. "C'est toi le meilleur !", lui répondaient ses potes en lui tapant dans le dos, avec cette franche hypochrisie dont les politiques ont le secret. Et bon, il a fini par "céder à la pression", Hermann, pauvre mérou égaré parmi les requins.

Textuel !

Et maintenant que ça se met à cacatter de partout en Europe, il craque carrément, le président ! Il sent que sa trajectoire politique se barre en dérapage incontrôlé ! Alors il clame son innocence ! On l'a forcé, vous entendez ? Il n'y est pour rien ! Il est à peine europhile !

Bon, après ça, cher lecteur, vous avez légitimement besoin d'être rassuré sur la solidité et la pertinence des institutions européennes. Vous cherchez du réconfort auprès d'un grand quotidien notoirement euro-optimiste - et vous tombez sur un article consacré aux dernières déclarations du prix nobel d'économie Joseph Stiglitz évoquant la possible désintegration de l' euro...

Vous ne sentez pas comme une odeur de roussi ?

 

Bob Willard

05/05/2010

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article