Consommer c'est bien, innover c'est MIEUX

Publié le par Robert Willard

Comment un pays devient-il riche ?

 

(Nous parlons ici de richesse purement matérielle bien entendu - l'exercice est déjà suffisamment compliqué à ce niveau.)

 

De deux choses l'une : pour devenir riche, soit on crée la richesse, soit on accapare celle du voisin.

 Les accapareurs sont typiquement les pays exclusivement producteurs de matières premières. Les Emirats arabes sont la parfaite illustration de cette catégorie. Créateurs de RIEN, ils sont entièrement dépendants de la richesse des autres pays pour la constitution de la leur propre. Ils ne nous intéressent pas ici.

 

 Il faut donc, à un moment, CREER de la richesse.

 

C’est-à-dire INNOVER. C’est une évidence qu’il convient de relever, car elle semble bien oubliée : il ne peut pas y avoir augmentation de richesse sans innovation. Creuser un trou ne crée pas de richesse. Inventer, ou perfectionner, une pelle mécanique, crée de la richesse. (Creuser un trou avec une pelle mécanique coûte moins cher qu’en usant de la pelle et de la pioche – esclavagisme mis à part bien entendu. Ainsi d’avantage de gens peuvent se faire creuser des trous, qu’ils ne pouvaient se payer auparavant. C’est d’autant plus vrai que la pelle mécanique est plus performante. Beaucoup de choses commencent par un trou.)

 

Et nous touchons là à un mensonge institutionnalisé : contrairement à ce que l’information économique vulgarisée veut bien nous faire croire (fiction d’ailleurs entretenue par la référence quasi idolâtre au PIB comme outil de mesure), la consommation NE CREE PAS DE RICHESSE. La consommation accompagne la création de richesse, dans le meilleur des cas elle la stimule, mais elle ne saurait se confondre avec elle.

 

Sans quoi il suffirait de creuser des trous pour s’enrichir, ce qui se saurait.

 

Pour manifestement absurde que soit cette dernière proposition, elle n’en sert pas moins de fondement à l’esprit de la « société de consommation » - sous des formes rendues indétectables, parce qu’incompréhensibles, par nombre d’économistes.

 

Ainsi lorsque Nicolas Sarkozy se réjouit de la tenue du championnat d’Europe de football sur notre territoire en 2016, au motif que cela entraînera la construction et la rénovation de stades, et donc stimulera l’important secteur du BTP national, il nous ressert la théorie du trou prodigue, dans sa version footballistique.

 

On se demande pourquoi, à en croire notre président, en solution définitive à la crise actuelle, notre sol n’est pas encore couvert de stades de foot. Allons plus loin : tapissons notre planète de stades de foot et garantissons ainsi un avenir radieux à l’humanité.

 

Il faut que cesse cette bouffonnerie. Il faut cesser de prendre au sérieux les économistes, qui sont l’équivalent moderne des vendeurs itinérants d’élixirs du far-west étasunien :  des charlatans se targuant d’une pseudo-science, qui dans le meilleur des cas ne servent à rien, et dans le pire, font des ravages.

 

Il faut surtout dire enfin très haut et très fort que consommer c’est bien, mais qu’innover c’est mieux : il n’est pas tolérable que la Corée du Sud dépose plus de brevets que la France (ce qui était le cas en 2007). Quant au raisonnement invraisemblable selon lequel l’innovateur et fabriquant a besoin du consommateur qui, au final, le paie – et que donc les deux sont à mettre sur un même plan, il oublie tout simplement que si le consommateur est suffisamment riche pour payer l’innovateur – c’est grâce à l’innovateur, seul et unique créateur de richesse !

 

Lire aussi : Il faut de tout pour faire un monde... Vraiment ?

 

Bob Willard

19/07/2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans société

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