De l'insupportable pseudo-bégaiement des journalistes et du contre-exemple remarquable de Frédéric Rivière

Publié le par Robert Willard

Bonsoir cher lecteur,

 

Nous voulons vous parler de ces gens qui parlent alors qu'ils n'ont rien à dire, et qui, pour étoffer (croient-ils !) leur discours, bégaient délibéremment. Ils mettent ainsi deux minutes à dire ce qui prendrait normalement trente secondes, avec des pauses, des hésitations, et un air généralement aussi pénétré que leur propos est creux.

 

On peut ainsi entendre un interviewer quelconque demander : " Mais c...comment...comment faire pour... pour supprimer ces... ces mauvaises odeurs ?" (Ainsi écrite, la chose est à peine croyable : il semble impossible qu'il ne s'agisse pas d'un authentique et physiologique bégaiement.)

 

La justification de cette grotesque constipation verbale se veut, ostensiblement, tenir à une grande exigence quant au choix des termes. Car ce qu'ils disent est IMPORTANT - évidemment.

 

Cette mode, déjà ancienne, mais que nous n'avions pas consciemment identifiée jusqu' alors, nous a fait sanctionner un journaliste de radio dont nous avons oublié le nom : il pratique la chose a un degré tel, que nous ne supportons plus de l'entendre - et zappons aussitôt que nous le reconnaissons.

 

Nous avons conscience de faire acte d'une certaine malice en attirant votre attention sur ce pseudo-bégaiement. Peut-être ne l'aviez-vous pas encore explicitement diagnostiqué dans le discours médiatique, à la manière du paisible dormeur qui n'entend pas son robinet goutter - malheur à lui si, à l'occasion d'un semi-réveil, il en prend conscience...

 

Et nous venons de vous réveiller, cher lecteur ...

 

Vos informations radiophoniques n'auront plus jamais la même saveur, ni bon nombre de vos émissions préférées.

 

Bienvenue dans notre monde !

 

Cela dit, si vous voulez être certain de n'être JAMAIS confronté à cette manie insupportable ; si vfrédéous voulez être sûr d'entendre un discours toujours parfaitement délié et dans le meilleur français, que le propos soit banal ou passionnant : écoutez Frédéric Rivière sur RFI.

 

Frédéric Rivière est tout le contraire d'un pseudo-bégayeur. Qu'il questionne, qu'il dise, qu'il affirme ou qu'il assène, sa ligne est droite, son débit fluide et ses mots justes.

 

Il est éminemment agréable à écouter. En ce sens, il est un authentique exemple pour l'ensemble de sa profession.

 

Tout pseudo-bégayeur avéré devrait se voir imposer l'audition sous hypnose des interventions de Frédéric Rivière, jusqu'à disparition des symptomes. Quelle meilleure thérapie ?

 

PS :

Précisons, afin de désamorcer d'emblée d'éventuelles polémiques malveillantes, que le présent (et très modeste !) hommage au professionnalisme de Frédéric Rivière, ne saurait en rien laisser entendre qu'il partage les idées développées sur ce blog. Toute extrapolation en ce sens pourrait être considérée comme diffamatoire. Nous saluons son savoir-faire, pas ses opinions. Enfin, ce post-scriptum est ridicule, nous le savons - mais c'est l'époque qui veut ça.

 

Bob Willard

30/03/2011

 

 

 

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Vladimir 20/01/2014 16:10

Bonjour. Je constate que je ne suis pas seul à penser cela, bien que je l'aie longtemps cru, pour avoir tenté d'en parler à d'autres. Insupportable, c'est le mot, pour moi qui suis doté d'un mental
à tout épreuve pourtant, si bien que maintenant, je coupe immédiatement. Ceux qui parlent sont souvent ceux qui n'écoutent pas. Et ceux qui s'écoutent parler sans s'entendre. Sujet à creuser, si
vous voulez. c.