De la crise Grecque

Publié le par Robert Willard

Voilà Papandréou en Allemagne.
Le pauvre ! Personne ne voudrait faire ça à sa place. Les Allemands, de notoriété publique, méprisent les méditéranéens, et parmi ceux-ci, tout spécialement les grecques. Ces derniers n'aiment guère les Allemands non plus : parcequ' ils se savent méprisés, et parce qu'ils n'ont pas oublié l'occupation de leur pays par les nazis.

M. Papandréou est donc bien seul en ce moment : méprisé par les Allemands chez qui il doit aller s'humilier, et conspué par son propre peuple qui refuse cette humiliation.

Mais que va-t-il donc faire en ce pays hostile, au fait ? Chercher de l'argent pour payer ses dettes ?

Non, pas du tout. "La Grèce ne veut pas un cent d'aide de l'Allemagne.", déclare-t-il à l'envi. Ah bon. Mais alors, ce voyage, cette humiliation... Pourquoi ??

Parce que la Grèce a besoin du "soutien" de l'Allemagne. Oui, juste du soutien. C'est en tout cas ce que dit Papandréou.

Vous vous demandez bien entendu en quoi peut bien consister ce "soutien" - puisqu'il ne s'agit pas d'argent. Une tape dans le dos, une bonne poignée de main et des encouragements ? Hmm... Peut-être.

Mais peut-être pas seulement. Car dans le même temps, Papandréou déclare que, "sans le soutien de l'Europe (en quelque sorte représenté par l' Allemagne), il ne pourra mener à bien son programme d'austérité et assainir les finances du pays dans les délais promis."

Ah ! Voilà qui lève un peu du brouillard enveloppant le terme de "soutien" - lequel, décidemment, ressemble de plus en plus à un gros paquet d'euros !

Car quel genre de soutien peut permettre à la Grèce de tenir sa cure d'assainissement financier ? Un soutien qui lui permette d'emprunter  à des taux "bas" pour refinancer sa dette sans couler à pic, lestée par une charge de remboursement insupportable.

Mais personne ne prêtera de l'argent à des taux bas à la Grèce si il n'y a pas de solides garanties derrière - exactement le genre de garanties que la Grèce n'est pas (plus) en mesure de donner. Ces solides garanties, c'est de l'argent bien entendu : c'est l'assurance que les prêteurs reverront leur capital, quoi qu'il arrive.

Le voile est donc levé sur ce mystérieux "soutien" : quoi qu'en dise Papandréou pour sauver la face, il s'agit bien pour lui de quémander du cash, du blé, de l'oseil - du bon vieux POGNON, et rien d'autre.

Il n'y a pas de quoi rire, cher lecteur, car bien évidemment, ce pognon risque fort d'être finalement... le votre.

A suivre...

Bob Willard
05/03/10



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