De la juste punition du con

Publié le par Robert Willard

De nouveau une journée interminable, cher lecteur. Compliquée par une indigestion de Granolas, sur laquelle je ne m'étendrai pas ici.

 

Punir un con est une chose délicate.

 

Pour qu'une punition ait des vetus correctives, et non pas seulement répressives, elle doit être reconnue comme juste par le puni, et acceptée.

 

C'est-à-dire que, soit l'on amène le puni à reconnaître la punition comme juste (le puni s'adapte à sa punition), soit on construit la punition, en nature et intensité, en fonction de la psychologie du puni (la punition est adaptée au puni).

 

La première proposition est de mise en oeuvre complexe à cause de la connerie du con. En effet le con ne peut, constitutionnellement, évaluer correctement ses tords, lesquels sont systématiquement sous-estimés sinon carrément niés. C'est-à-dire que la juste punition a toutes les chances d'être perçue comme tout à fait injuste par le con, qui se braque et, en rétorsion, surenchérit dans la sédition : le cercle vicieux est alors refermé et c'est l'escalade à la répression, qui n'est de l'intérêt de personne (étant entendu qu'on exclut, dans notre hypothèse, l'anéantissement du con,  l'objectif recherché étant l'effet correctif).

 

Punir efficacement un con suppose donc presque toujours une punition sous-dosée au sens de la justice des non-cons. Ce qui suppose parfois un sang-froid et une capacité d'abstraction quasi surhumains, notamment lorsque le con est très con - car plus le con est con, plus la sanction acceptable par lui sera éloignée de celle qu'il mérite justement. Il faut alors gérer soi-même, comme juge, un très violent sentiment d'injustice rétro-actif, et d'irrépressibles pulsions d'anéantissement pur et simple.

 

Ceci, sans préjudices des ravages que peut provoquer une punition tellement sous-dosée qu'elle est perçue comme telle par le puni lui-même - ruinant définitivement l'autorité du juge.

 

 

Bob Willard,

16/07/2010

Publié dans société

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