" [...]De mauvais dirigeants ont donné de mauvaises habitudes à leurs électeurs."

Publié le par Robert Willard

Cher lecteur, nous vous livrons aujourd'hui des extraits d'une interview accordée par une personnalité (ex-députée européenne) à propos de la crise grecque :

 

"Que montre cette crise finalement ? Quelles en sont les causes ?

[...]

- Comme je le disais précédemment, les gouvernements n'ont cessé, depuis les années 1980, de faire des promesses complètement intenables à la population histoire de se faire élire. Cette crise est donc le résultat d'une crise générale. Le pays a vécu pendant des années sans connaître la vérité, au-dessus de ses moyens et en creusant sa dette qui atteint désormais des sommets (c'est nous qui soulignons, ndlr). Le régime drastique auquel le pays va devoir se tenir aurait dû être commencé il y a bien longtemps.
Jusque-là, de mauvais dirigeants ont donné de mauvaises habitudes à leurs électeurs.

[...]

 

La faute à l'Union européenne aussi ?

[...]

- Peut-être y a-t-il eu un problème de compréhension et d'adaptation au départ. L'Union n'a certainement pas assez essayé de comprendre comment fonctionnait cet Etat du Sud. Inversement, les Grecs ne voient en l'Europe qu'une machine à donner de l'argent.

[...]

Etes-vous malgré tout optimiste pour la suite ?

- Oui, je suis optimiste de nature. Et, de toute façon, il le faut! Les Grecs sont un peuple fier et la Grèce n'est pas un pays suicidaire. Elle veut survivre.
Il faut revenir aux fondamentaux. On ne pourra rien construire sur des ruines, il faut d'abord tout assainir. Le pays va devoir se contraindre à une sévère discipline, à commencer par le gouvernement qui devra combattre avant tout les inégalités dans le pays. Il faut imposer des conditions plus sévères. Même si les gens vont souffrir au départ.
Il va falloir que les Grecs apprennent à vivre avec ce qu'ils ont et pas avec ce qu'ils auraient aimé avoir et comme on le leur avait promis.
[...] Néanmoins, je trouve ça assez injuste que seule la Grèce soit ainsi pointée du doigt. D'autres pays rencontrent également des difficultés et nous ne savons pas ce qu'il va advenir des Etats de l'Est, notamment quand ils vont accéder à l'euro."

 

Etonnant de lucidité, n'est-ce pas ? Une analyse pertinente, sans fioritures démagogiques, qui remet les choses à leur place. Un discours valable pour les neuf dixièmes des "pays développés", tel que l'on aimerait voir tenu par nos politiques.

Car non, ces propos ne sont pas ceux d'une personnalité politique - ni de France ni d'ailleurs. Hélàs, trois fois hélàs ! Ce raffraîchissant bon sens, ce ton direct, ces termes clairs et sensés, ne sont pas d'un élu en charge de responsabilités : ils sont de Nana Mouskouri.

  

Que notre classe politique en prenne de la graine, ces branquignoles dont le seul talent réside dans le maniement de la langue de bois (dont on ne fera jamais de pipes) !

 

Bob Willard

01/05/2010

 

 

Publié dans Crise Grecque

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