G20 : Barack montre ses muscles.

Publié le par Robert Willard

Voilà le G20 qui se termine, cher lecteur.

 

Ces réunions de maîtres du monde m'ont toujours laissé perplexe. Que peuvent décider vingt personnes, aux intérêts contradictoires, ne parlant pas la même langue, en trois jours ? Mystère. Le temps de serrer la pogne à tout le monde, congratulations, claques dans le dos, dernières nouvelles de la coupe du monde, petits fours - et c'est déjà une demie-journée de partie. Ajoutons à cela le temps consommé en traduction - simplement pour que les intervenants se compennent, car il est certaines questions qui ne se peuvent traiter en anglais semi-baragouiné (on frissonne à l'idée d'un Sarkozy faisant l'économie d'un interprète en pareille circonstance)... Quand on aura enfin intégré le fait qu'un des vingt participants représente non une nation, mais l' Union Européenne, on aura compris que la productivité de cette réunion a toutes les chances d'être sensiblement inférieure à celle du séminaire d'entreprise moyen, c'est à dire très proche de zéro.

 

La fameuse liste :

 

Afrique du Sud Afrique du SudAllemagne AllemagneArabie saoudite Arabie saouditeArgentine ArgentineAustralie AustralieBrésil BrésilCanada CanadaRépublique populaire de Chine ChineCorée du Sud Corée du SudÉtats-Unis États-UnisFrance FranceInde IndeIndonésie IndonésieItalie ItalieJapon JaponMexique Mexique

Royaume-Uni Royaume-UniRussie RussieTurquie TurquieDrapeau de l'Europe Union européenne

 

 

Et que peuvent bien avoir à dire la France et l' Italie, qui ne soit pas déjà contenu dans l'intervention du représentant de l' Union Européenne ? Autre mystère. 

 

Quoi qu'il en soit, il ressort principalement de cette cession 2010 que les américains s'estiment lésés par le fonctionnement actuel du commerce international, qui favoriserait trop les pays émergents au dépent de l'économie américaine : " L'Amérique ne peut pas payer pour assurer la prospérité du monde et restera ferme face à tout avantage indu obtenu par un pays"', a déclaré Obama. Qui visait-il ainsi ? La Chine et son Yuan sous-évalué  ? Mais les Chinois ont mis fin à l'arrimage de leur monnaie au dollar US la semaie dernière. Ou l' Union Européenne peut-être, qui ne soutient pas assez l'euro ? Allez savoir. Peut importe d'ailleurs. Ce qui est clair, c'est que le fait de disposer du pouvoir d'imprimer des dollars (et d'en user sans aucune vergogne), monnaie de réserve planétaire, n'est pas un "avantage indû" aux yeux de Barack - c'est seulement un avantage , donc.

 

Tout ça, cher lecteur, n'est rien d'autre que la version politique des combats de catch : on montre ses muscles, on prend des poses, on se menace - et on déroule le scénario validé depuis belles lurettes au cours de rencontres discrètes dans des salons feutrés.

 

Pour conclure, je ne résiste pas au plaisir de vous proposer cette image : on ne peut rêver meilleure illustration de ce qu'est un arriviste qui n'en revient toujours pas d'être arrivé. C'en serait presque émouvant...

 

 

 

 Bob Willard

28/06/2010

 

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