Hamid touche le pactole

Publié le par Robert Willard

Il y aurait pour 1000 milliards de dollars de minerais divers enfouis dans le sol afghan, apprend-on aujourd'hui : lithium, cuivre, or, et plein d'autres choses très stratégiques susceptibles d'aiguiser de féroces apétits.

 

C'est en tout cas ce que nous révèlent des géologues américains, sur la base de plans établis par les soviétiques il y a plus de trente ans et planqués jusqu'alors dans quelque boui-boui afghan.

 

Une note interne du Pentagone évoque une «Arabie saoudite du lithium».

 

Voilà du coup l' Afghanistan en passe de devenir "l'Arabie Saoudite du Lithium", dirait une note interne du pentagone.

 

Hmm. Nous ne savons pas quel crédit accorder à cette histoire. On dirait un scénario pour OSS 117, bancal et plein de grosses ficelles. Le côté "Bon sang, Bobby, regarde ces plans : il y en a pour plus de mille milliards de dollars là-dessous ! "... duraille à avaler. La seule chose de sûre, c'est que quelqu'un a intérêt à ce que l'on pense qu'il y a de grosses réserves de minerais là-bas, que ça soit vrai ou pas. Qui ? Pourquoi ? Nous n'en savons rien.

 

Nous ne voyons en tous cas pas où est l' intérêt des Américains à rendre publique une telle nouvelle. On les aurait plutôt imaginés faisant tout leur possible pour qu'elle ne s'ébruite pas - et rafler le pactole en douceur.

 

Au lieu de ça voilà la planète entière au courant, Chinois et Russes aux premières loges. Hamid Karzaï va se découvrir des tas d'amis très soucieux du bien être de son pays, qui vont défiler carnets de chèques en bandoulière dans son bureau présidentiel. Les enchères risquent d'être rudes. Les Américains vont devoir jouer des coudes et des épaules, voire des poings et du couteau, pour garder le maximum du gâteau.

 

La nouvelle aurait-elle été balancée par les services secrets d'une nation intéressée par l'exploitation des gisements (Chine ou Russie, donc), ou certaine d'en être écartée et recherchant un effet de nuisance maximum (France, par exemple) ? Ou par quelque très gros spéculateurs désireux de faire chuter les cours des métaux et minerais découverts en telles gigantesques quantités ? Ou les deux combinés ?

 

Mystère et pépites d'or !

 

Il y a autre chose de sûre : si ces réserves se confirment exister, une démocratie véritable n'est pas près de s'installer en Afghanistan. Toutes sortes de "majors" vont débarquer pour exploiter les gisements, d'une manière ou d'une autre - et les majors n'aiment pas les démocraties.

 

 L'histoire des pays sous-développés riches en matière première peut être quasiment entièrement écrite, depuis le début du 20ème siècle, par le récit des magouilles des grandes compagnies étrangères, essentiellement anglaises et américaines. Cela est particulièrement flagrant aux Moyen et Proche-Orient bien sûr, où les intérêts du pétrole ont systématiquement torpillé les tentatives d'émancipation nationales (l'exemple de Mossadegh en Iran, éjecté au profit du Sha dans les années cinquante, lui-même "lâché" vingt-cinq ans plus tard, est parmi les plus emblématiques).

 

L'Afghanistan a donc toutes les chances de végéter sous l'emprise d'une quelconque république bananière, islamique ou pas, laquelle sera plus à même d'identifier son "intérêt bien compris" (c'est à dire compatible avec celui des compagnies étrangères exploitantes) qu'une représentation populaire ignorante et difficlement contrôlable.

 

Voyez l'exemple édifiant de l'Arabie Saoudite (qui n'est certes pas républicaine, mais tout à fait bananière)...

 

Quant à ce que vont en dire les Talibans, Allah seul le sait !

 

A suivre, en tous cas.

 

Bob Willard

14/06/2010

 

 

Publié dans société

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