Il faut de tout pour faire un monde... Vraiment ?

Publié le par Robert Willard

Voilà plusieurs articles que je lis consacré à une attaque en règle du modèle économique allemand, mâtinée de leçon de morale. On y soutient qu'il n'est en rien "supérieur" au modèle, disons, au hasard... grec, en vertu du fait que tout pays exportateur et épargnant à besoin de son corrolaire importateur et dépensier. Considérés depuis la perspective d'ensemble des échanges commerciaux, l'un et l'autre sont d'égale utilité économique et, donc, moralement équivalents.

On se demande quel cerveau débile peut engendrer  pareil raisonnement. Mettre sur un pied d'égalité moral le travail, l'effort, la rigueur, le soucis du lendemain, et l'inconséquence, la paresse et la cupidité, sur le simple critère d'un équilibre arithmétique, voilà bien qui laisse pantois, et un peu désarmé. On se sent face à une telle profondeur de connerie (j'ai cherché un autre terme - pas trouvé) qu'on ne sait plus comment argumenter, car trop certain de n'être pas compris.

On voit bien ce qui sous-tend ces propos invraissemblables : la grande et sainte peur du racisme (ça y est, le mot est lâché). La notion de "race supérieure" qui rôde, épouvantail suprême et prétexte à toutes les absurdités, dans un sens comme dans l'autre. Quoi, les Allemands auraient d'avantage de vertus que d'autres peuples ? Voilà qui est tout simplement INCONCEVABLE - pire : il est INTERDIT de le concevoir. En Europe plus que partout ailleurs, où il est très mal vu d'opérer des distinctions quelconques entre ses membres.

Mais ces brasseurs de vent auront beau gesticuler à s'en démettre les articulations, les faits sont bêtement là : les Allemands fabriquent des choses de très bonne qualité en travaillant avec discipline et n'aiment pas dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas. Peut-être que les Grecs, grands emprunteurs et dépensiers, peu portés sur le labeur, achètent des produits allemands (avec de l'argent qu'ils n'ont pas, donc) : ça ne saurait les mettre sur un même plan. Ni économique (la preuve aujourd'hui !) ni moral. Ou alors, déclarons d'utilité publique les délinquants et les pyromanes au titre qu'ils "font vivre" les flics et les assureurs.

Nous nageons là dans le terrorisme intellectuel le plus radical.

La vérité toute simple est que les politiques grecs ont pourri leur peuple à force de démagogie forcenée, depuis des dizaines d'années, nous offrant le triste spectacle du pire de la démocratie. La Grèce à déconné pleins tubes - point barre. Foutons la paix à l'Allemagne.

Non, il ne faut certainement pas de tout pour faire un monde !

 

Bob Willard

11/05/2010

Publié dans europe

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