L'Allemagne fait ses valises

Publié le par Robert Willard

Il y a des signes qui ne trompent pas, cher lecteur.

Angela Merckel vient de lier officiellement "le rôle à venir de l' Allemagne au sein de l'Europe" au succès du plan de sauvetage grec. Peu de monde croit en ce succès - à part la clique d'illuminés de Bruxelles, et encore... Les marchés financiers, qui reniflent les boiteux et les malades à mille kilomètres à la ronde, s'apprêtent pour la curée spéculative...

La Grèce est foutue, et pour longtemps. Angela le sait bien. Son pays ne veut pas devenir le tiroir-caisse de l'eurozone, rôle qui se profile de plus en plus nettement avec l'entrée de l'Espagne sous les projecteurs, et tout ce monde qui attend en coulisse. L' Allemagne veut reprendre ses billes tant qu'il est temps, les seules questions sont quand et comment. La position déclarée d'Angela est, dans ce contexte, très habile. Elle jouit de toutes les prérogatives de la parfaite légitimité, se préservant au maximum des foudres de la communauté internationale. Elle définit un timing préservant au mieux ses intérêts, puisqu'elle lie effondrement grec et retrait de son pays (en language clair), le pire étant à venir après avec la suite de l'effet domino. Et elle satisfait son opinion publique, qui ne veut plus de cette Europe-là et qui ne doute pas de l'effondrement grec.

Bien entendu, Angela, quant à elle, ne doute pas du redressement de la Grèce et l'appelle de ses voeux...

Une belle leçon de diplomatie !

Oui, cher lecteur, sans avoir l'air d'y toucher, sous couvert de ranger ses vêtements d'hiver, l' Allemagne est bien en train de faire ses valises.

 

Bob Willard

05/05/2110

 

Publié dans europe

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