Les choses ne durent pas toujours

Publié le par Robert Willard

Il y a quelque chose dans la psychologie humaine qui participe du principe d'inertie en physique : les gens ont tendance à croire que les choses durent  toujours.

En période de crise, ils dépriment et voient chaque lendemain pire que la veille.

Quand tout baigne, rien de fâcheux ne peux plus arriver.

Quel Français croit qu'il pourrait un jour devoir faire la guerre ? "Ca ne peut plus arriver !", pense-t-on. Pourquoi ? Parceque ça fait bientôt 50 ans que ça n'est pas arrivé. Il y a trois ans, le monde entier croyait à la croissance éternelle. La crise de 1929 était comme le Déluge ou la fin des dinosaures : un événement des temps jadis, qui ne nous concernait plus - qui ne POUVAIT PLUS se produire.

Les eurodirigeants sont véritablement pétrifiés à la simple évocation du départ de la Grèce hors de la zoneuro. On ne sait ce qui fait le plus peur à cette bande d'andouilles autosuffisante : les conséquences financières réelles (dont on attend encore la démonstration qu'elles soient si terribles) ou simplement le départ en tant que tel, qui ruinerait le schéma de la croissance éternelle de l' Union Européenne.

Nous penchons bien évidemment pour cette dernière explication. Comme nous l'avons déjà souligné dans ces colonnes, aucun argument sérieux n'a été avancé pour le maintien grec dans la Zone. Les propos tenus sentent plutôt une espèce de trouille animale, supersticieuse - à tout le moins, une minable peur du ridicule. Aucun pays n'est jamais sorti de la zoneuro : ça ne peut donc pas arriver. CQFD.

Daniel Cohn-Bendit, éminent européiste s'il en est, toujours à l'avant-garde du n'importe quoi le plus débridé, nous a avoué l'autre jour son incompréhension devant l'attitude de l'Allemagne. Très dépité, il se lamentait au micro de France Info de ce que nos voisins rechignent tant à cracher au bassinet grec : il les a taxé de "nationalisme économique", et leur a reproché de donner la priorité a des questions de politique intérieure (les termes "nationalisme" et "intérieur " sont toujours de graves insultes dans la bouche de Daniel, cet apatride revendiqué).

Certes, il s'agit de Dany - une espèce d' OGM politique mi poil-à-gratter, mi coussin péteur dont les propos peuvent être pris n'importe comment, sauf au sérieux. Mais en l'occurence il nous éclaire sur le vrai problème des eurodirigeants dans cette crise grecque : ILS NE COMPRENNENT PAS.

Ils ne comprennent tout simplement pas comment une chose qui ne s'est jamais produite, pourrait se produire. Vous ne croyez pas que des gens aussi intelligents puissent être aussi idiots, cher lecteur ? Hélàs, les beaux costards et les grands diplômes ne sont la garantie de RIEN, d'autant moins qu'ils portent tous les mêmes costards, et ont tous les mêmes diplômes.

Ce ne sont que des gens. Ils mangent, dorment, pètent comme vous et moi - et croient que les choses durent toujours.

 

Bob Willard

29/04/2010

Publié dans Crise Grecque

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