"Mon Dieu qu'ils sont c...!" (Pascal)

Publié le par Robert Willard

Une bonne année à vous, cher lecteur !

 

Que nous réserve-t-elle ? Aucune idée - mais nous n'en attendons rien de bien fameux. En fait, nous sommes inquiet des conséquences possibles de la fin de la "prime à la casse" automobile.

 

Cette prime a tenu à bouts de bras l'industrie auto l'an dernier, Renault et Peugeot ont d'ailleurs réalisé des records de ventes. Mais tout ce qui a été vendu en 2010, ne le sera plus en 2011 : le retour de bâton pourrait être douloureux.

 

Et lorsque l'industrie auto ne va pas bien, il y a beaucoup de choses qui se mettent à aller mal, car elle représente environ 800 000 emplois directs (fabricants et sous-traitants), et plus de 1 million d'emplois indirects (garagistes, assureurs, casses, etc.).

 

Nous craignons que le fragile tissus d'entreprises de notre environnement géographique immédiat, à peine remis du choc de 2009, ne soit sérieusement impacté par cette fin de subvention, et que notre activité en patisse (nous avons beaucoup développé notre clientèle VRP l'an passé, laquelle est directement subordonnée à la santé des entreprises locales).

 

Nous verrons bien !

 

Pour mieux comprendre cette crise dans laquelle nous nous débattons depuis trois ans, nous avons acheté un livre traitant de l'histoire des crises économiques et financières depuis huit siècles, touchant tous les pays du globe. Un pavé plus ou moins digeste, même pour nous, qui sommes pourtant prêt à de gros efforts pour en apprendre plus sur ce sujet. Qu'en avons-nous retenu ? 27440100810530L

 

Que l'Homme ne change pas.

 

Les ressorts profonds qui le font agir et réagir aujourd'hui, sont les mêmes qu'il y a huit cents ans - à quelques détails cosmétiques près. La crise que nous traversons a déjà eu lieu, chez nous et ailleurs, en d'autres temps - pour les mêmes raisons.

 

Nous nous en doutions, notez bien. Mais il est toujours bon d'étayer ses intuitions de chiffres et de faits historiques - des bonnes données bien claires et carrées, laissant le minimum de place aux divaguations fumeuses.

 

Nous avons eu une autre preuve éclatante de la merveilleuse stabilité de l'Homme à travers les siècles, dimanche soir en regardant "Capital".

 

(Nous avons de plus en plus de mal à regarder cette émission, non pas du fait d'une dégradation de son contenu (encore que...), mais à cause de l'intonnation absolument insupportable que le journaliste narrateur imprime à son commentaire accompagnant les reportages : parfaitement exaspérante, et atteignant des sommets dans le ridicule. Mais bref.)

 

L'un des repportages était consacré au succès comercial mondial d'un petit bracelet en teflon, orné d'une vignette en métal aux reflets irrisés (certaines marques de yaourts offrent ce genre de vignettes, sous forme de "magnets" destinées à décorer les portes de réfrigérateurs). Cellui qui porte ce bracelet gagne aussitôt en équilibre, en énergie et, plus généralement, en bien-être - c'est en tout cas ce que nous disent ses fabriquants.

 

Et devinez quoi ?

 

Des millions de crétins de par le monde ont acheté ce bracelet (pour la bagatelle de 30 euros ou plus), et encore plus de  millions d'autres l'achèteront cette année. Des stars planétaires s'affichent avec, des sportifs au top des classements mondiaux, des leaders politiques de premier plan...

 

Le technicien qui opère la maintenance de nos extincteurs en porte un. Il m'en a fait la promotion lors de son dernier passage, d'un air grave et convaincu.(Cet abruti a la tronche d'Himmler affublé de la coupe de cheveux de Ringo, pas le Beatles, l'ex de Sheila : de toute façon, on ne peut pas le prendre au sérieux.)

 

Non, cher lecteur, l' Homme ne change pas.

 

Jadis il lisait l'avenir dans les boyaux de canards, il s'attirait la sympathie des dieux en égorgeant de jeunes pucelles sur des autels de pierre, les éclipses de Lune le pétrifiaient d'effroi.

 

Aujourd'hui, il retrouve équilibre, énergie et bien-être avec un bout de téflon et une vignette Yoplait enroulés au poignet.

 

Nous nous sentons un peu las. Nous allons écouter Bach, interprété par David Frey. Nous vous invitons à faire de même : c'est proprement magique - et sans bracelet, s'il vous plaît.

  D Frey

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Bob Willard

11/01/2011

 

 

 

Publié dans société

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