C'est pour rire mais ce n'est pas drôle (petite balzaquerie désabusée)

Publié le par Robert Willard

Bonsoir cher lecteur,

 

Le grand cirque du monde ne démonte jamais son chapiteau. Les numéros s'y succèdent à l'infini, sans entracte, et les artistes sont innombrables.

 

En ce moment les clowns donnent une superbe représentation, pleine de gags et de rebondissements.

 

Deux d'entre eux brillent particulièrement dans le lancé de tartes à la crème : l'ex-premier ministre portugais,M Socrates, qui vient de demander officiellement l'aide financière européenne après des mois de farouche dénégation ; et la ministre espagnole des Finances, Elena Salgado - qui soutient mordicus que son pays, lui, ne fera pas appel à cette aide. Tordant. 

 

Notre Président, quant à lui,  rayonne dans un rôle de chef de guerre du meilleur comique (nous conseillons aux amateurs la scène où il profère : " Je pense que les Français sont fiers de voir leur pays jouer un rôle important sur le plan international") - sur fond de décors libano-ivoirien évoquant les grandes heures de la IVème république.

 

Rendons aussi un hommage mérité à ses comparses : le toujours aussi irrésistible BHL, sans équivalent dans sa composition fétiche de philosophe de terrain, interventionniste forcené et apôtre de l'ingérence décomplexée ; l'excellent groupe des rebelles lybiens, qui invectivent l'OTAN venu à leur secours dans un style délicieusement defunésien ; et le commandant en chef de ladite OTAN, vraiment très bon quand il déclare, sobrement, qu' ''il n'y a pas de solution militaire à la question lybienne".

 

Oui, cher lecteur, quel spectacle nous offre le genre humain, à longueur d'année, de jour comme de nuit.

 

Dans un autre registre, nous venons d'en apprendre une vraiment fameuse. Lorsque vous êtes chef d'entreprise en difficulté financière, vous pouvez avoir recours au chômage technique pour vos employés. Nous pensions naïvement que les heures ainsi chômées seraient autant de charge en moins pour l'employeur - et, donc, un réel soulagement financier. Eh bien, ce n'est pas tout à fait ça. En fait, l'employeur doit rémunérer ces heures chômées à hauteur de 60% de leur taux plein, au minimum. Dans le meilleur des cas, si l'administration est bien disposée, il se verra chichement aidé par l'Etat qui prendra très temporairement à sa charge 15% des 60%.

 

N'est-ce pas merveilleux ?

 

Et il se trouve des analystes économiques pour s'étonner (en le déplorant) de ce que le chômage partiel a été peu utilisée par les employeurs Français lors de la crise récente.

 

Quel spectacle, oui, vraiment. Soit on en rit, soit on en pleure.

 

Nous avons de plus en plus de mal à en rire.

 

Bob Willard

13/04/2011

 

Publié dans société

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