Saint-Ex (suite)

Publié le par Robert Willard

Nous allons être bref, cher lecteur, car il est tard et nous avons derrière nous une dure journée . Une journée de bataille idiote, nerveusement ruineuse dont l'issue reste très incertaine.

 

Car la connerie est comme la marée, inlassablement revenant, grignoteuse et éternelle : invincible.

 

Mais ceci est une autre histoire et nous avons promis d'être bref. Nous voulons ici répondre à ce commentaire concernant notre précédent article :

 

"Ainsi Saint-Ex nous présente des personnages exceptionnels. L'humanité de ces héros se révèle sous les traits les plus avantageux : le courage, la bravoure, la force de caractère, le sens du devoir, la grandeur d'âme, autant de qualités qui force le respect et l'admiration. Si, comme [vous le pensez], Saint-Ex est descendu de son nuage, et que sa rencontre avec les hommes ordinaires l'a profondément déçu, je crois qu'il a eu tort. L'humanité de l'homme ordinaire n'est ni moins grande ni moins belle que celle de l'être exceptionnel. Elle se manifeste simplement de façon moins spectaculaire et moins souvent parce que les circonstances qui lui permettent de s'exprimer sont rares. Et quand même l'occasion ne vient jamais il reste à tous les hommes la plus belle et la plus bouleversante part d'humanité : la faiblesse. "
 
Nous répondrons que pour ce qui nous concerne, nous détestons notre faiblesse bien plus souvent qu'elle ne nous attendrit. Si elle est incontestablement une part majeure de notre humanité, nous ne la voyons ni belle ni bouleversante, mais répugnante et terrible, tout à la fois constituant et détruisant l'Humain. Notre tendresse va bien plutôt aux efforts que nous produisons pour lutter contre cette faiblesse - si modestes soient-ils.
 
Enfin, nous concédons que "l'humanité de l'homme ordinaire n'est ni moins grande ni moins belle que celle de l'être exceptionnel." Mais nous relevons que cette équivalence a tout de la pure construction intellectuelle et qu'elle ne saurait être ressentie. Or là est le noeud du problème. Le pionnier de St-Ex vit la grandeur de son humanité, alors que le monteur de pare-brises doit s'en convaincre - entre les deux la partie ne saurait être égale. 
 
Et là réside peut-être l'explication du drame exupérien : l'impossibilité de faire coïncider l' homme qui existe, en toute immédiateté, et celui qui doit préalablement se penser pour exister.
 
Nous en resterons là pour cette fois. Nous espérons que notre nouvelle mise en page donnera satisfaction à certain lecteur que nous saluons affectueusement...
 
Bob Willard
14/07/2010
 
 

Publié dans société

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