DSK, Aubry, OTAN, Lybie... Tous en piste !

Publié le par Robert Willard

DSK doit souffrir de puissants sifflements d'oreilles, ces temps-ci. Il paraît que ses amis socialistes ricanent au vu de sa courbe de popularité, qui s'infléchit à la baisse. La réalité, c'est qu'il dérange. Il n'est plus vraiment de chez nous. Que peut-il encore savoir de la vraie France, après ces années passées à tenir les manettes de la finance planétaire ?

 

Sa popularité semble injuste à ses anciens compères. En quoi l'a -t-il méritée ? Tandis qu'eux se débattaient avec nos "petits problèmes nationaux" (DSK dixit), lui paradait, bedaine épanouie, dans les réunions internationales, dispensant, du haut de tribunes surmédiatisées, augures, blâmes et satisfecits aux nations du monde entier.

 

C'est un étranger désormais - sa récente visite-éclair dans le 93, son ancien fief, n'y change rien. Et s'il n'en a pas pris conscience, ses amis, n'en doutons pas, vont se faire un plaisir de lui ouvrir les yeux, ainsi qu'aux électeurs de France.

 

Cela n'a de toute façon aucune importance. Notre conviction est qu'il ne se présentera pas - ni aux primaires socialistes, ni à la présidentielle à venir - pas sans y être littéralement supplié par sa famille politique, qui n'en prend pas le chemin. Revenir autrement patauger dans la gadoue franco-franchouillarde, serait, pour lui, maître de l'Olympe financier, déchoire.

 

Nous verrons.

 

En tout cas Aubry ne semble guère se soucier de lui. Elle a la légitimité de celle qui est "restée", qui a mis les mains dans le cambouis et gardé la maison - et elle jouera cette carte à fond. Signe qui ne trompe pas, elle tient à faire connaître son point de vue sur la situation internationale, comme il convient à tout prétendant au poste de Chef d'Etat : ainsi a-t-elle a réclamé l'intervention en Lybie, et "condamne" à présent les "violences" en Syrie. Nous la verrons de plus en plus souvent s'exprimer sur ces questions. Ca fait partie du Cirque.

 

En Lybie, c'est plus que jamais n'importe-quoi. L'OTAN y aurait besoin de d'avantage d'avions pour ses frappes aériennes : nouvelle plutôt étonnante, quand on avait l'impression qu'elle avait surtout besoin de cibles à frapper.

 

A force d'invectives les rebelles ont obtenu une aide financière, à défaut d'armes. Ils doivent faire tourner en bourriques leurs interlocuteurs occidentaux.

 

Notez qu'officiellement, l'OTAN n'est là que pour protéger les populations civiles menacées d'anéantissement par le sanguinaire Kadhafi. Il n'est pas question de peser sur l'aspect purement militaire du confilt, qui reste, vous l'avez bien noté, une affaire lybo-lybienne. Nous ne faisons jamais, en effet, que paralyser complètement les avions et les chars de Kadhaffi, et soutenir financièrement les rebelles après avoir reconnu leur gouvernement - toutes marques de la plus stricte neutralité.

 

Pour le reste, les Lybiens décident entièrement de l'avenir de leur pays. (Il est vrai que les pro-Kadhafi ne sont plus des vrais Lybiens : ce sont... des pro-Kadhafi.)

 

L'Europe est riche, cher lecteur. Crise ou pas, elle semble ne pas savoir quoi faire de son argent. Nous allons donc arroser les rebelles Lybiens. Nous allons aussi distribuer quelques centaines de millions d'euros à l'Egypte et à la Tunisie, via la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), pour les aider à goûter au plus vite aux joies ineffables de la démocratie.

 

Et nous Français sommes encore plus riches. C'est pourquoi, en plus des aides sus-citées, auxquelles nous participons en tant qu'Européens, nous allons en accorder, à titre national cette fois, à la Côte-d'Ivoire - une broutille de 400 M€. Notez bien qu'il s'agit là d'un prêt, ayant donc vocation à être remboursé.

 

A moins bien sûr qu'il ne soit compris dans la prochaine cession d' "annulation de la dette africaine" - une des plus anciennes attractions, au succès toujours renouvelé, du Grand Cirque du Monde.

 

Bob Willard

14/04/2011

 

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