Strauss-Kahn rassure, Cameron pressure.

Publié le par Robert Willard

Dominique Strauss-Kahn vient de se fendre d'une déclaration rassurante à propos de la Hongrie. Si vous avez bien compris comment se parle la langue politique, cher lecteur, vous devez donc commencer à sérieusement vous inquiéter à propos de ce pays. Ses finances seraient dans un état comparable à celles de la Grèce, selon certains observateurs "alarmistes".

Sur une carte, la Hongrie se présente sous la forme d'une petite cacahuette limitée par l'Autriche, la Slovaquie, l'Ukraine, la Roumanie, la Serbie, la Croatie et la Slovénie - des voisins prestigieux dont les noms sonnent comme des annonces de mobilisation générale. Nous ne savons rien de ce pays, sinon qu'il a participé au dépeçage de la yougoslavie aux côté de l' Allemagne nazie en 1939, et qu' il partit avec cette dernière à la conquête de l' Union Soviétique en 1941 - où ses troupes mal encadrées et sous-équipées se firent étriller. Rien de tout ça ne nous éclaire sur sa vie économique d'aujourd'hui, mais nous en gardons comme une méfiance diffuse. Et le fait d'apprendre que son économie est sinistrée ne nous surprends pas plus que ça - pas plus qu'une famine en Afrique noire ou une révolution en Amérique Centrale.

Pendant que le patron du FMI nous "rassure" dans un style si typiquement français, David Cameron trouve des accents churchiliens pour annoncer des temps difficiles à ses copatriotes. Il évoque ouvertement des années, voire des dizaines d'années, d'efforts nécessaires pour assénir la catastrophique situation budgétaire de l'Angleterre. Une posture à comparer à celle de nos dirigeants, pour qui le terme de "rigueur" reste inenvisageable dans une déclaration officielle, au même titre que "zob" ou "trou du cul".

 

Surveillez les bourses asiatiques et le cours du pétrole : deux indicateurs généralement fiables pour anticiper les grosses dépressions.

 

Bob Willard

06/06/2010

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