De la valeur de la vie

Publié le par Robert Willard

Nous sommes favorables au rétablissement de la peine de mort, cher lecteur, comme vous avez pu le comprendre à l'occasion d'une de nos dernières interventions.

 

Comme nous avions abordé le sujet "par la bande", sans nous y arrêter, il nous a été dit qu'il s'agissait là d'un "vaste sujet" - entendant par là que la question méritait d'être débattue.

 

Or il n'y a pas pour nous matière à débat.

 

Nous n'accordons aucune valeur à la vie "en soi". Nous pensons que la vie n'a de valeur que celle que l'on lui a donnée : par là nous faisons notre la phrase de Montaigne "Il n'y a de valeur que d'homme." - même si Montaigne lui donnait peut-être un tout autre sens.

 

Un certain philosophe professionnel de ma connaissance (salut fraternel à lui) ne manquerait pas de faire remarquer qu'il conviendrait de définir le terme de "valeur" dans notre acception. Et là peut commencer véritablement le débat...

 

Nous n'avons rien de très structuré à présenter sur ce sujet, nous dirions qu'il est encore "à l'étude". Une chose est sûre néanmoins, c'est que notre système de valeur s'appuirait pour une bonne part sur cet antique commandement : "Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l'on te fasse." Non pas en vertu de quelque volonté divine, mais simplement parcequ'il nous apparaît qu'il s'agit là d'une base solide, toute de bon sens, pour assurer la cohabitation harmonieuse des hommes.

 

Cet embryon de morale, pour athée qu'elle soit, suffirait à nous faire condamner à mort sans le moindre soupçon d'état d'âme tout violeur - meurtrier d'enfant, par exemple (il ne nous vient pas de pire abomination à l'esprit, en cet instant).

 

Bref. Il n' y a pas de débat parce que nous n'avons aucune référence métaphysique, et que seule une telle référence peut attribuer une "valeur en soi" à quoi que ce soit.

 

Pour les autres, qu' ils se débrouillent avec leur religion.

 

Bob Willard

le 06/10/2010

 

 

 

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Alexandre Boudnikoff 06/10/2010 22:08


Valeur:
Ne pas punir de mort un meurtrier quelque fut la condition de sa victime revient à dire que sa vie vaut davantage que celle de sa victime. Cette idée est indéfendable.

Embryon:
Depuis la loi Simone Weil, 220 000 meutres d'enfants en bas âge sont perpétrés chaque année dans les hôpitaux français. Et de surcroît ces avortements sont mieux remboursés que des lunettes de vue
ou une prothèse dentaire.

La morale officielle de cette petite république ne suggère que la nausée.