Rien ne sert de courir ? A voir !

Publié le par Robert Willard

Nous avons un problème à vous soumettre, cher lecteur.

 

L'énoncé en est très simple : lorsqu'il pleut, avons-nous intérêt à courir, ou pas, pour être le moins mouillé possible ?

 

Contrairement aux apparences, la réponse est loin d'être simple. Passé le premier réflexe qui vous faire dire "ben oui, évidemment ! ", il convient en effet de prendre la véritable mesure du problème.

  

Car enfin : si l'on court, certes on reste moins longtemps exposé à la pluie (donc on se mouille moins), mais la surface de notre corps qui est exposée, elle, augmente (donc on se mouille davantage).

 

C'est en tout cas vrai lorsque la pluie tombe verticalement. Nous nous limiterons à ce cas pour l'instant.

 

Cas d'une pluie verticale, donc :

  prob pluie

1- on ne court pas

Ainsi que vous pouvez le voir sur l'illustration ci-contre, la surface exposée à la pluie est alors, en première approximation, de S' (grosso modo, la largeur des épaules x épaisseur du buste)

 

2- on court

Le fait de courir à la vitesse V va incliner la chute de la pluie relativement au coureur d'un angle alpha, proportionnel à la vitesse V. Plus on court vite, plus la pluie semble nous arriver horizontalement dans la poire. Vous avez déjà dû remarquer la chose sur le pare-brise de votre voiture par temps de pluie. Si bien que la surface exposée devient S, proportionnelle à l'angle alpha, lui même proportionnel à la vitesse V.

 

Pour un être humain normalement constitué, S est supérieur à S' (le dessin le montre bien) : la surface exposée à la pluie augmente avec la vitesse V.

 

En résumé : plus on court vite, plus on se mouille... mais moins longtemps.

 

Il en résulte que le "Mouillage" (M) est une fonction complexe de notre vitesse V : M = f ( V )  pluie

Il est tout a fait possible, à priori, que dans certaines situations, cette fonction soit telle qu'il existe une valeur "seuil" de la vitesse V, soit Vs, au delà de laquelle l'augmentation de la surface exposée S n'est plus compensée par le raccourcissement du temps d'exposition :

 

concrètement, une fois atteinte cette vitesse, si vous accélérez encore, vous serez davantage mouillé en arrivant qu'en vous stabilisant à la vitesse Vs.

 

Les retombées de cette étude sur la vie tout à fait pratique de nos concitoyens peuvent être considérables - nous en avons bien conscience. Réduction sensible du nombre de crises cardiaques dues à des courses inutilement intenses, moins de vêtements mouillés ramenés dans les appartements et sources de vapeur d'eau ruinant peintures et huisseries et nécessitant surplus de chauffage pour séchage, etc.

 

Oui, cher lecteur, nous partons à la recherche de Vs chargé d'une immense responsabilité, tels ces pioniers de la physique moderne qui mesurèrent la vitesse de la lumière. Mais avec quelle ardeur ! Avec quelle délectation, après avoir, ce matin même, frôlé le pugilat avec un client insulteur et aviné, et si parfaitement incarnant tout ce que nous detestons de l' Homme.

 

A nous, chères équations ! Qu'en vos délicieuses abstractions nous sombrions, comme en l'ivresse, et que loin, très, très loin des cons de ce monde nous soyons emporté, et purifié.

 

 

Bob Willard

12/01/11

 

 

Publié dans société

Commenter cet article

Frédéric 27/01/2011 10:27


Très amusant, et sans doute scientifiquement pertinent.