Mais quand allons-nous en finir avec Giscard (nom d'une pipe !) ?

Publié le par Robert Willard

Notre matinée n'a pas très bien commencé, cher lecteur.

 

Nous faisions notre revue de presse matinale, en attendant nos clients de l'hôtel pour leur servir le petit déjeuner - quand nous sommes tombé sur une photo de Giscard sur le site du Figaro, illustrant un artcicle dont le titre disait : " Quand VGE rejoue la présidentielle de 95". giscard

 

Ca partait mal. Le titre nous agaçait. La photo, mélange de momie de Toutankamon et de papy du Muppet's Show, nous agaçait.

 

Et, de fait, l'article lui-même nous a agacé.

 

Certes, vous connaissez notre empathie pour VGE.; nous ne saurions prétendre à l'impartialité à son propos : tout au contraire, nous revendiquerions volontiers un fort parti-pris à charge. Toutefois il nous semble que même le plus objectif des observateurs devrait convenir que ce gars-là est un dangereux mégalomane.

 

Car enfin ! Nous annoncer, sans ciller, qu'il aurait gagné la présidentielle de 95 s'il s'était présenté ! Qu'il a, un moment, hésité à se présenter ! A quoi ça rime ? Ce vieux plumeau ne détellera donc jamais ? Quelle inextinguible soif de pouvoir ! Quelle prétention monumentale ! Quel besoin viscéral de se montrer aux caméras, d'être (encore et toujours) là et de le faire savoir, d'imprimer sa marque, à tout prix, à coups de Constitution criminelle, de Traité patricide ou de romans ineptes !

 

C'est que, quand il ne sévit pas sur le plan politique, Giscard ne nous fout pas pour autant la paix : il "écrit".

 

Il écrivaillonne, plus exactement - n'est pas De Gaulle, ou Churchill, qui veut.

 

(Mais nous devons ici faire une entorse à notre parti-pris et remercier cet Increvable pour son premier roman, l'inénarrable "Le Passage" . Nous gardons en effet un souvenir imperrissable de notre oncle Christian en faisant lecture au parterre de ses neveux réunis, dont nous étions, ô instant béni, hurlant et suffoquant de rire , extraits après extraits, impitoyablement enchaînés par notre oncle jubilant et magnifique.

 

Oui, cher lecteur, nous sommes redevable à Giscard d'un très grand moment de notre existence, un moment, pour tout dire, d'authentique bonheur.

 

Mais c'est à son corps défendant donc ça ne compte pas. Revenons-en à notre parti-pris.)

 

Donc Valéry s'efforce d'écrire entre deux scéances au Conseil Constitutionnel, ultime théâtre où il peut encore nuire politiquement depuis sa défaite aux élections régionales de 2004.  Son statut d'Académicien (qui n'est pas à l'honneur de l'institution !) lui assure d'être publié et donc de pouvoir se montrer sur des médias grand public lors des parutions. La dernière en date, une improbable uchronie sentimentalo-napoléonienne, nous a valu l'édifiante interview ci-jointe en novembre dernier, qui ne contribuera certes pas à nous faire revenir sur notre conviction de mégalomanie : il faut lire le passage où, évoquant l'intervention du 2ème REP à Kolweizi en 1978 et les tergiversations des Belges censés y participer, il ose :  "Même problème que pour Napoléon à Moscou : prendre du retard, c'est aller à la catastrophe."  Le parallèle historique, vraiment, s'imposait...

 

 L'interview tout entière, du reste, est suintante de prétention et d'orgueil difficilement contenu - mais qu'attendre d'autre de la part d'un type qui s'est acheté une particule (un particulé de frais, en quelque sorte) ?

 

On pourrait rire d'un pareil ridicule. Nous en rions, d'ailleurs, mais dans les tons jaune : car comme nous l'avons dit, cette mégalomanie est (en tout cas, a été) dangereuse, en ce qu'elle a probablement amené l'homme a prendre des décisons capitales pour son pays, non pas tant pour servir au mieux ce dernier, mais avant tout son orgueil démesuré de nobliau d'opérette.

 

Nous attendons avec impatience le jour où ce vieux singe cessera enfin de nous prodiguer ses grimaces.

 

Bob Willard

21/12/2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans société

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Alexandre Boudnikoff 20/12/2010 22:58


Crois moi de jour là, je reprendrai des moules à m'en faire péter la panse !